Les auteurs réunissent sous un même thème deux sujets souvent considérés comme antinomiques : le capitalisme et la cohésion sociale. Mais la crise du XXIe siècle est venue bousculer bien des certitudes, y compris celles permettant de croire dans » les vertus d’une concurrence libérée de toute entrave assurant spontanément un bien-être individuel et social maximum « . Contrairement aux » vieilles idées des décideurs « , l’instabilité est de retour, en témoignent des changements structurels rarement anticipés, d’une ampleur et d’une récurrence surprenantes. Aussi faut-il, préconisent les auteurs, » revenir à cette idée simple : les banques centrales existent… pour résoudre les problèmes d’instabilité endémique des systèmes financiers et non pas pour garder un taux d’inflation définitivement nul « . Prétendre construire un équilibre sur la flexibilité des marchés et la neutralité des gouvernements est devenu une » vieille lune » ; de même, appliquer » des règles intangibles au mépris de la cohésion sociale et, in fine sans doute, de la démocratie » apparaît de moins en moins viable. Les auteurs montrent en quoi la théorie du libre-échange incluant » le voyage de retour » des flux des pays excédentaires vers les pays importateurs, dans la logique d’un équilibre de l’échange international, ne résiste pas à la réalité d’aujourd’hui. Le » voyage » produit plutôt de » mauvais investissements « , à l’instar des excédents commerciaux allemands qui génèrent une consommation excessive et des bulles immobilières en Grèce et en Espagne.
La conviction de Mario Amendola et Jean-Luc Gaffard tient pour l’essentiel à la possibilité de mise en œuvre d’une extension aux marchés internationaux du champ de l’action politique, selon les mêmes principes de régulation et de recherche de cohésion sociale.
Source : Cercle Turgot








