Plus une population est éduquée, informée, plus elle exige, avant d’obéir, éventuellement, de comprendre pourquoi on lui demande de le faire. On peut donner des ordres à des ignorants passifs ; à des intelligences autonomes, il faut donner du sens ; plus même, il faut y ajouter du souffle. Désormais, les injonctions émises sur un ton viril, accompagnées d’un militaire  » coup de menton « , font plutôt rigoler ou, pire, flanque la trouille : on se demande si le supérieur, qui en est réduit à de tels comportements d’avant-hier, ne serait pas un clone de ce sergent borné et inconséquent que chante merveilleusement Graeme Allwright :  » Et ce vieux con nous dit d’avancer… », alors qu’il précipite sa patrouille vers la catastrophe.