Dans cette langue d’Afrique, M’bibizo signifiait  » l’homme avare « , et l’on peut dire que M’bibizo n’avait pas usurpé son nom. Donner, prêter, offrir, partager étaient des verbes bannis de son vocabulaire. Il ne s’en donnait jamais à coeur joie, ne prêtait pas l’oreille à ses voisins, ne partageait pas même un sourire. Il était vieux au bord de mourir, riche au bord de tout posséder, des entrailles de la terre jusqu’aux sommets du ciel, pourtant l’appât du gain continuait de l’occuper tout entier. Seule la promesse de nouvelles possessions l’encourageait à survivre au temps qui passe.

Soucieux de n’être pas un jour dépossédé, il se priva de femme, d’enfants et d’amis. Il se rompait le dos aux tâches ménagères afin de n’avoir jamais à délier sa bourse

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