Face aux impasses du management néolibéral, marqué par l’injonction à la performance, la rationalisation des processus et une forme d’indifférence structurelle aux vulnérabilités humaines, la philosophie du Care propose une alternative éthique, politique et organisationnelle. Issue des travaux fondateurs de Carol Gilligan (1982) et de Joan Tronto (1993), elle invite à penser autrement les rapports au travail, à autrui et à l’organisation, en mettant au cœur des pratiques managériales la sollicitude, l’interdépendance et la responsabilité partagée. Loin d’une vision naïve ou angélique, le Care peut être conçu comme un paradigme critique et stratégique pour repenser les finalités du management.
1. Une éthique de la sollicitude appliquée au travailLe Care repose sur la reconnaissance de la vulnérabilité humaine comme donnée ontologique et relationnelle. Dans le monde du travail, cela implique de revaloriser les dimensions









